Actualités

Concours en médecine et en dentisterie en fin de BAC1 : les attestations sont tombées !

Voici les quotas d'étudiants en médecine pour le concours en fin de BAC1 de l'année prochaine établis sans prendre en compte le lissage négatif (qui consiste à diminuer les quotas pour "rembourser" les quotas surnuméraires accordés par le passé, par rapport à ce qui était légalement prévu). A l’U.C.L., seulement 164 étudiants en médecine et 34 en dentaire auront la possibilité d’accéder à la deuxième année. Comparé aux cohortes actuelles, c’est donc plus d’1 étudiant sur 5 qui ne pourra pas poursuivre ses études !

    L'AGL s'oppose depuis le début à ce concours tout comme au numerus clausus fédéral appliqué depuis 1997. Comme pour une vingtaine d'anciens présidents de la Fédération des étudiants Francophones (F.E.F.) qui, en mai, signaient une carte blanche publiée dans Le Soir, nous estimons que le problème se situe avant tout à la sortie, et qu’une réelle réflexion doit avoir lieu rapidement pour assurer une politique de santé publique efficace, et non une politique de court terme basée sur des intérêts politiques et des pressions corporatistes. Retirer les oeillères qui bornent cette vision politicienne est une urgence.  Dans une optique de recherche constructive de solutions, l’AGL a voté en juin une note expliquant une autre vision de la planification, tenant compte des besoins réels de la société (ce qui n’est pas le cas actuellement).

 

Ce concours s’inscrit dans une succession d’autres mesures (test d’orientation en BAC1 et session de janvier avec une éventuelle obligation d’allègement en cas d’échec) dont on peut sérieusement s’interroger sur l’exacte raison de leur existence. La triple sélection qu’elles instaurent sont des facteurs de stress et de fait, d’échec au cours de cette première année universitaire, en plus de la charge occasionnée par la réduction des études de médecine en 6 ans.

 

Ces fardeaux sont d’autant plus inacceptables qu’ils constituent des barrières sociales importantes : les différences de niveau entre établissements d’enseignement secondaire impactent, comme l’ont développé de nombreuses études, la réussite aux épreuves de janvier (qui  décident notamment de l’allègement ). De plus, s’ajoutent à ces différences accumulées pendant les 6 ans d’humanités, les difficultés dans le suivi des études : manque d’accès à des livres de référence dont les prix sont exorbitants, prix prohibitifs des cours particuliers etc. Comme c’est le cas en France, qui connaît également un concours en fin de première, nous craignons que cela provoque l'apparition de réseaux parallèles de cours et le passage quasi obligatoire par des écoles préparatoires, dont le coût non négligeable sera subi par les étudiants.

 

Au delà des inégalités sociales, ce concours instaurera un esprit malsain de compétition dans les auditoires : il y a plus de 1000 étudiants en médecine et médecine dentaire pour seulement, respectivement, 164 et 34 attestations. Par le passé, nous avons déjà constaté le recours à des pratiques déloyales, comme ces synthèses remplies délibérément d’erreur qui ont circulé. Ce climat de concurrence délétère n’est en rien propice à l’apprentissage de la déontologie et de la confraternité.

 

Rappelons enfin que ce concours s’inscrit dans un contexte avéré de pénurie ! Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce sont des étudiants qui ont les capacités de réussir qu’on fera échouer par une sélection injuste alors que dans le même temps, un manque alarmant de praticiens a été confirmé par les chiffres du cadastre actualisé, auquel s’ajoute un besoin croissant de soins médicaux dans notre pays, compte tenu du vieillissement de la population.

 

Jusqu’à quand cette histoire inqualifiable attaquera la pérennité de la qualité de notre système de soins de santé ? A l’heure où les numéros INAMI nécessaires pour les futures cohortes ne sont toujours pas débloqués par le fédéral, plane sur ce concours mis en place par le ministre Marcourt les mêmes craintes et situations injustes qui ont conduit, en 2008, a sa remise en cause devant les tribunaux. Combien de vocations brisées ? Combien de carrières prometteuses sabordées ? Que faudra-t-il encore que les étudiants supportent avant de remettre en cause un système non viable ? Nul ne le sait, seul l’avenir nous dira ce qu’il restera de notre passé.

 

En tous les cas, l'AGL continuera jusqu’au bout à défendre les étudiants en cours d’étude et leurs intérêts, ainsi qu'une vision démocratique et juste de l'enseignement supérieur et des soins de santé.

 

L’Assemblée Générale des étudiants de Louvain

L’Assemblée Générale des étudiants de Woluwe