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Accord du gouvernement fédéral : retour de l'assemblée générale

Réunis lors d’une Assemblée générale convoquée par les représentants étudiants de l’AGL, les étudiants de l’UCL présents ont débattu de l’accord du gouvernement fédéral. Lors de sa réunion du 4 novembre, le Conseil, l’organe souverain de l’AGL, s’était engagé à l’unanimité à respecter les décisions prises lors cette AG.

Les étudiants présents ont décidé de réclamer :

  • Un refinancement des Communautés afin de permettre un refinancement de l’enseignement à la hauteur de ses besoins

De 2002 à 2012, le financement de l’enseignement supérieur par tête d’étudiant a chuté de 16% du fait d’un système de financement à enveloppe fermée et du sous-financement des Communautés. En découlent une diminution des possibilités d’encadrement des établissements et un enseignement dont la qualité et l’accessibilité baissent chaque année.
Lors de la dernière réforme de l’État, les Communautés ont reçu la compétence des allocations familiales, mais pas l’ensemble des moyens financiers qui vont avec. Elles sont encore plus exsangues…
L’accord gouvernemental ne prévoit pas de refinancement des Communautés.

  • Un numéro INAMI pour tous les étudiants en médecine

Alors que la pénurie est désormais objectivée par des chiffres, et qu'on annonce qu'elle va aller en s'aggravant de plus en plus, on refuse aux étudiants de pouvoir obtenir un numéro INAMI, sésame leur permettant de se spécialiser et exercer plus tard la médecine curative.
A moins de 15 jours de la date-butoir lors de laquelle ils doivent définitivement choisir leur spécialité, les étudiants de dernière année en médecine doivent préparer leur "mammouth", méga-examen reprenant la matière de leurs 4 années de master, dans une situation d'incertitude la plus totale, ayant en plus appris cette semaine une nouvelle modification de leur procédure de sélection. Et la tension n'est pas moins grande en dentisterie...
Les négociateurs savaient qu’une solution au problème devait être trouvée et que la N-VA était le parti le plus radical en la matière, mais n’ont rien inscrit dans l’accord de gouvernement.

  • Une intensification de la lutte contre la fraude et l’évitement fiscal ainsi qu’une véritable progressivité dans l’impôt des entreprises ; la diminution des charges sur les PME

La Belgique a un problème fiscal : la répartition de la source des moyens finançant nos services publics est inégale et repose très fortement sur le travail. Des mécanismes d’évitement fiscal sont prévus par notre législation qui permettent aux plus grandes entreprises de ne payer aucun impôt (tandis que les plus petites contribuent fortement) ; et la fraude fiscale est très élevée chez nous selon de nombreuses estimations.
L’accord gouvernemental ne prévoit pas de grosses corrections de ces problèmes, qui pourraient pourtant refinancer notre État et donc éviter les coupes austéritaires qu’on connaît aujourd’hui.

  • Une politique de développement durable ambitieuse

Les défis environnementaux qui nous attendent sont de taille, et l’Etat fédéral peut fortement y contribuer. Les mesures que le nouveau gouvernement prône notamment en matière nucléaire ou de transport public (voir ci-dessous) ne semblent pas y répondre.

  • Des emplois de qualité pour les jeunes, en opposition à l’idée de flexibilisation des jobs étudiants

L’accord gouvernemental parle de flexibiliser les jobs étudiants pour les rendre plus souples. Les possibilités de précarisation vont augmenter du fait de la diminution des règles de protection.
Il faut au contraire pouvoir garantir que les emplois pour les jeunes soient de qualité et permettent une bonne sécurité du travail.

 

Ils s’opposent également à :

  • la suppression de la politique scientifique fédérale

Le service public Belspo sera supprimé ; les pôles d’attraction interuniversitaires, programmes de collaboration interuniversitaires d’excellence et souvent bicommunautaires, définancés. De nombreux programmes de recherche seraient impactés également à l’UCL
La science ne connaît pas de frontières linguistiques et le financement de programmes de recherche à l’échelle nationale est un enjeu scientifique crucial.

  • la prolongation des centrales nucléaires

Pour assurer l’approvisionnement énergétique de notre pays, les deux plus vieilles centrales nucléaires (Doel 1 et Doel 2) verraient leur activité prolongée de 10 ans renouvelables.
Des événements assez récents ont montré le danger potentiel du recours massif au nucléaire et la possibilité de nos états de s’en désengager progressivement (l’Allemagne l’a fait). C’est dans ce sens que nous estimons que la politique énergétique devrait aller.

  • la facilitation des procédures pour l’extraction du gaz de schiste

Le gouvernement se propose de diversifier les sources d’approvisionnement en énergie et de faciliter les procédures d’utilisation d’énergie alternative. Parmi ces énergies «alternatives» se trouve le gaz de schiste, une source qu’il faut extraire avec des méthodes particulièrement polluantes.

  • la réduction du financement des services publics et plus particulièrement les transports publics et la culture

Pour atteindre un équilibre budgétaire, le gouvernement va définancer drastiquement de nombreux services publics. La SNCB perdrait 2,1 milliards d’euros (suppression de lignes, impacts sur les Go-pass…), des institutions culturelles fédérales seraient impactées, le budget de la santé serait diminué de 3 milliards…
Les pouvoirs publics rendent des services à la population, qu’il faut savoir financer mais qui sont essentiels pour notre bien-être et le bon développement de notre société.

  • l’augmentation du départ de l’âge à la retraite

L’âge maximal de départ à la retraite passerait progressivement de 65 à 67 ans pour financer les pensions.
Ça aurait un impact sur les jeunes (diminution du nombre d’emplois disponibles, ceux-ci étant gardés plus longtemps par des travailleurs âgés), mais aussi en termes sanitaires.
En Belgique, l’espérance de vie en bonne santé est de 65 ans en moyenne. Des personnes malades devraient donc travailler plus longtemps.

  • la limitation des allocations d’insertion pour les jeunes de plus de 25 ans

L'accord gouvernemental fédéral prévoit de passer de 30 à 25 ans l'âge maximum auquel on peut avoir droit à une allocation d'insertion, un revenu de remplacement prévu pour favoriser l’accès au premier travail des jeunes.
Vu qu’il faut un an de "stage d'attente" avant de pouvoir percevoir une allocation d'insertion, et qu’un jeune qui n'a pas pris de retard dans ses études les finit aux alentours de 22-23 ans pour le supérieur de type long ; des jeunes ayant connu des problèmes de parcours ou s'étant réorientés, ayant ainsi retardé la fin de leurs études d'au moins un an, démarreront leur stage d'attente à 24 ans et le termineront à 25. Ils se retrouveront donc sans aucune ressource de remplacement dans le cas où l'état du marché du travail ne leur aurait pas permis de trouver un emploi dans l'année.

 

L’AGL respectera sa parole et soutiendra ces positions. Comme demandé par les étudiants présents, elle participera aux actions du 8 et du 15 décembre. Des actions de sensibilisation seront entreprises afin d’informer les étudiants de l’UCL. L'AGL est fière d'avoir organisé une assemblée générale et de mettre en place des modes de décision participatifs, qui permettent l'implication du plus grand nombre.