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Alle Samen - Tous ensemble contre la hausse des frais de scolarité

Ce jeudi 02/10, plus de 3000 étudiants flamands défilaient dans les rues de Bruxelles pour s'opposer à l'augmentation de leur minerval. Parmis eux, 200 étudiants francophones dont des étudiants de l'UCL venus marquer leur soutien. Des deux cotés de la frontière linguistique, alors que le coût des études reste un véritable problème, les projets de Geert Bourgeois (en Flandre) et de Jean-Claude Marcourt (en Communauté française) d'augmenter le minerval sont innacceptables.

 

En Communauté française, le minerval s'élève à 835€ et n'a plus augmenté depuis 2010. En effet, à partir de 2008, les étudiants sont descendus dans la rue à l’appel de la FEF et des conseils étudiants pour revendiquer une diminution du coût des études et l’application du pacte de New York. La principale revendication des étudiants demande que la Belgique respecte les engagements internationaux qu’elle a pris en 1983 en ratifiant le pacte de New York dont l’article 13 stipule que "L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité [...] notamment par l'instauration progressive de la gratuité". Le 28 avril 2009, plus de 5000 étudiants défilent dans les rues de Bruxelles pour réclamer du monde politique des actes courageux pour réduire les coûts directs et indirects des études.

 

D’après l’UCL, une année d’étude pour un étudiant kotteur coûte aujourd’hui près de 9000 €. Cette barrière empêche encore trop souvent des jeunes de s’inscrire dans l’enseignement supérieur et en oblige d’autres à travailler pour payer leurs études, ce qui a pour conséquence directe de diminuer leurs chances de réussite.

 

En se mobilisant, les étudiants réussissent à faire de leur revendication une priorité politique. La réduction du coût des études est inscrite comme un objectif dans la déclaration de politique communautaire. Le gouvernement promet de s’y atteler durant la législature.

 

En 2010, les étudiants maintiennent la pression sur Jean-Claude Marcourt, devenu ministre de l’enseignement supérieur. Des milliers d’étudiants défilent à plusieurs reprises dans les rues de la capitale pour que le Ministre traduise les intentions en actes. Le décret Wendy, du nom de cette étudiante imaginaire qui a du mal à payer ses études, est voté en juillet 2010. Bien qu’il ne soit pas parfait, ce décret constitue une avancée dans la démocratisation de l’enseignement supérieur.

 

Il instaure :

- Le gel du minerval pour tous

- La gratuité du minerval et des syllabus pour les étudiants boursiers

- La mise en ligne des supports de cours pour tous

 

Alors qu’aujourd’hui ce décret n’est appliqué que de manière partielle (à l’UCL, les boursiers ne reçoivent que 40 € par quadri pour leur syllabus alors qu’ils devraient être intégralement remboursés), le ministre Marcourt s’attaque aux acquis étudiants et souhaite remettre en question le gel du minerval. En effet, celui-ci ne figure pas dans la déclaration de politique communautaire. Marcourt communique en sens contraire en affirmant que le minerval n’augmentera pas après 2015. Mais tant qu’il n’aura pas acté de façon définitive le gel dans un décret, les frais d’inscription ne pourront qu’aller à la hausse.

Pire, sans gel du minerval, la tentation sera grande pour les partis politiques de tenter de financer l’enseignement en allant chercher dans la poche des étudiants. C’est ce qui est en train de se passer en Flandre, où le minerval n’est pas gelé. Les projets du gouvernement Geert Bourgeois (N-VA) sont d’augmenter les frais d’inscription de 600 à 1200 €, ce qui compromet l’accès aux études de milliers de jeunes Flamands ! Des étudiants de l’UCL était présents ce jeudi à la manifestation organisée par les étudiants flamands, pour les soutenir dans leur combat pour un enseignement accessible à tous.