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Vers une ouverture des programmes en économie ?

Vous vous en souvenez, en 2008, juste avant que n'éclate la crise, minoritaires étaient les économistes qui la voyaient venir. Pourtant celle-ci a bien eu lieu : une faille des sciences économiques ? C'est ce que pensent beaucoup. Notamment les étudiants en économie eux-mêmes.

En 2011, dans la foulée d'Occupy WallStreet, les étudiants en économie à Harvard décidaient de boycotter un cours de Gregory Mankiw, pour s'opposer à la vision uniquement néo-classique de l'économie que celui-ci transmettait (il est l'auteur du livre d'économie politique le plus utilisé dans les cours universitaires à travers le monde). Par après, c'est à Manchester que les étudiants en économie se faisaient entendre : soutenu par de nombreux académiques ils souhaitaient dénoncer l'inadéquation des théories enseignées avec la réalité. Dans les deux cas l'objectif des étudiants était d'introduire une vision plus critique dans le cours, ainsi que souligner la diversité des approches possibles en sciences-économiques. Le mouvement de mécontentement des étudiants en économie s'est par après propagé un peu partout dans le monde.

Quand est-il à l'UCL ? Ici aussi des étudiants en économie se sont élevés contre l'approche trop univoque de l'économie dans leurs programmes. Un premier mémorandum a été réalisé il y a deux ans par plusieurs d'entre eux pour commencer le débat avec l'école d'économie. Leur volonté serait une réforme de grande ampleur du programme ainsi qu'une diversification du personnel enseignant au niveau des approches épistémologiques privilégiés par chacun d'entre eux, mais conscient qu'il est impossible d'obtenir tout dès le début ils y vont pas à pas. Ainsi, le projet avance, et une vingtaines de délégués étudiants sont en train de négocier pour que soit inclus dans le programme de BAC un cours critique sur les sciences économiques.

Louise Lambert étudiante en ECON21 explique : "Pour le moment, la théorie néo-classique est enseignée de la première à la cinquième sans laisser une fenêtre pour ses critiques ou ses alternatives (hormis dans quelques rares options). L’introduction d’un cours critique dans le tronc commun est selon moi une très grande avancée car il montre la volonté de ne pas considérer le paradigme économique actuel comme l’unique réponse, la seule explication de l’économie, ce qui a été mon ressenti lors de mon Bac.  Au vu des multiples crises actuelles qui montrent entre autre la fragilité de notre économie et des défis que nous devrons relever, il me semble primordial de former des économistes et citoyens éveillés. Cela ne peut se faire sans passer par un enseignement critique qui explique les différentes théories économiques, leurs forces et leur faiblesses. Vous en conviendrez, un étudiant qui n’a qu’un seul modèle en tête (reposant sur des hypothèses discutables), n’aura d’autres choix que d’appliquer ce modèle."

Dans cet esprit, l'AGL a donc choisi, lors de son conseil de décembre, de soutenir la proposition des délégués et du BDE. Ceci notamment pour renforcer leur pouvoir de négociation. Nous leur souhaitons bonne chance pour la suite !