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Session de janvier 2016 : Grève des transports publics

Comment l'AGL se positionne-t-elle ? 

La CSC-Transcom et la CGSP, les deux syndicats majoritaires de la SNCB, ont annoncé une grève des rails les 6,7,21,22 et 23 janvier prochain.

5 jours de grève pendant la session des examens, la situation est critique pour les étudiants... Mais comment en est-on arrivé là ??

Une conjoncture politique déplorable...

Depuis de nombreuses années, l’AGL réclame un investissement dans les transports en commun, afin de permettre aux étudiants de bénéficier d'un service de qualité à des prix abordables. Or, ces dernières années, la situation ferroviaire s’est plutôt dégradée.


Le gouvernement a décidé de faire 2,1 milliards d’économies dans la SNCB durant sa législature (2014-2019). Et cela a des conséquences concrètes sur les usagers (augmentation de certains prix, moins de correspondances, suppression de gares, …), comme sur les travailleurs (augmentation du temps de travail jusqu'à 12h dans les cabines, suppression de postes, dégradation des conditions de travail…).

 

Le désinvestissement du gouvernement dans les services publics est donc certainement la cause majeure de la situation critique à laquelle nous devons faire face aujourd’hui. Les grèves ont été annoncées en réponse à la politique gouvernementale et aux modifications du régime de travail des cheminots avancées par la Ministre Jacqueline Galant.

Les étudiants, victimes collatérales du gouvernement

De son côté, l’AGL est consciente de toutes les complications que cette grève va causer pour les étudiants. Les BAC1 sont obligés de se présenter physiquement à tous leurs examens sous peine d’être désinscrits de l’Université. Elle s'engage à actionner autant que possible les leviers disponibles afin de trouver des solutions pour les étudiants.

 

Nous encouragerons tout d'abord avec insistance la Ministre de la Mobilité, J. Galant à entamer de réelles négociations avec les syndicats. En effet, le lundi 14 décembre, lors de la réunion de conciliation au siège HR Rail, les syndicats majoritaires ont tous deux affirmé que "toutes les options restent encore ouvertes".

L'AGL se mobilise à son échelle

- L’AGL a pris de nombreux rendez-vous avec les autorités de l’UCL afin qu'un maximum de solutions soient trouvées pour les étudiants. A ce jour, une solution de covoiturage a été lancée par le bias de la plateforme Carpool. Une lettre ouverte a été envoyée à l'ensemble du personnel de l'UCL afin qu'il se montre solidaire des étudiants et propose son aide sur cette même plateforme.

- Un appel aux présidents des jurys a également été fait afin que ceux-ci  fassent preuve de souplesse dans l'apréciation des motifs d'absence, considérant ainsi la grève des trains comme étant une cause légitime.

- L'AGL, en collaboration avec l'UCL et le Kot Erasmus, a obtenu l'ouverture de dortoirs la veille et les jours de grève afin de permettre aux étudiants non kotteurs de loger temporairement sur le site de Louvain-la-Neuve.

- Enfin, nous pouvons également rappeler la proposition des travailleurs de la SNCB. Ma portière t'est ouverte est une initiative des cheminots pour garantir à autant d'étudiants que possible d'arriver à bon port le jour de leur examen.

Les dortoirs de l'UCL sont ouverts !

Dans la conjoncture des grèves qui se préparent, l'AGL a sollicité le soutien de l'UCL, en partenariat avec le Kot-à-Projet Kot Erasmus, pour ouvrir des dortoirs !

D'habitude réservés aux Erasmus en certaines périodes, ceux-ci seront destinés à accueillir les étudiants qui ont besoin d'un logement temporaire la veille ou les jours de grève.

Quoi ? Où ? Comment ?

  • Quand ? La veille et les jours de grève : les 5, 6, 7, 20, 21, 22 et 23 janvier.
  • Comment ? En contactant le Kot Erasmus via sa page Facebook.
  • Ou ? Dans les dortoirs du Kot Erasmus : Place des Paniers, 1, Louvain-la-Neuve
  • Prix : 5 € sont nécessaires pour assurer les charges liées à l'hébergement.
  • Des douches et une connection internet sont comprises dans ce prix.
  • Attention, les draps ne sont pas fournis !
  • Horaires : ces dortoirs sont ouverts de 21h à 10h30 au matin. Entre temps, les salles d'études sont disponibles !

Quelques petites règles, évidemment :

  • La cuisine et le communautaire du Kot Erasmus ne sont pas ouverts.
  • Il est primordial de respecter le calme et la sérénité des lieux. La période est intense pour tout le monde !
  • La propreté est également de mise. Le respect des hôtes comme des invités est primordial.

 

Esplanade : vers une expansion infinie ?

Les étudiants et habitants veulent être concertés !

Face au plan d'expansion de l'Esplanade, la communauté estudientine est unie avec les habitants pour s'opposer à ce projet. L'appel lancé par l'AH (Association des Habitants de Louvain-la-Neuve) et l'AGL a suscité de nombreuses réactions. Si la mobilisation demeure importante, les autorités communales et universitaires continuent toutefois à faire la sourde oreille. Il est donc primordial aujourd'hui de poursuivre notre engagement en signant la pétition et en diffusant au maximum les informations qui y sont liées.

A partager donc, sans modération :

- L'appel lancé par l'AGL et l'AH

- La pétition en question

- Le suivi organisé par les habitants de Louvain-la-Neuve


Une toute autre université ?

 

« Aujourd’hui nous aurions pu vous adresser le même message que celui que nous faisons depuis 10 ans, mais cela n’aurait servi à rien. En effet, nos attentes vis-à-vis de l’enseignement à l’Université sont restées les mêmes : nous désirons toujours vous proposer de construire, ensemble, une ‘‘Autre Université’’ ».

C’est en ces termes que s’exprimait le président de l’AGL lors de la rentrée académique, il y a de cela 16 ans. Depuis toujours,la question de  l’idéal d’éducation trône au centre des préoccupations du mouvement étudiant et aujourd’hui des initiatives existent pour le penser ensemble. Tout autre chose et son évènement « Toute autre école » en sont un des plus beaux exemples. Ce dimanche 27 septembre, dans 14 lieux en Wallonie Bruxelles seront organisés des ateliers participatifs pour revendiquer, imaginer et faire advenir un système éducatif différent.

Il est alarmant de remarquer qu’à l’heure actuelle l’enseignement est d’avantage considéré comme un investissement marchand, une contrainte budgetaire plutôt que comme un moyen de former les citoyens critiques, conscients des enjeux de notre siècle.

« De plus, la manière d’enseigner est bien souvent standardisée » nous dit Marie, étudiante en économie. « A l’université par exemple, dans grande une majorité des cas, nous ne suivons que des cours ex catedra ou le professeur parle et l’élève écoute. C’est une pédagogie qui ne convient pas à tout le monde et qui nous rend très passif face aux matières que nous étudions ».

L’AGL et les étudiants de Louvain la Neuve seront donc présents ce dimanche pour défendre leur vison d’une toute autre école. Pour les louvanistes, rendez vous à 14h00 à la Salmigondis place des sciences pour le début des festivités. Au programme : des tables rondes, des débats, des activités pour les enfants ( petits et grands sont donc les bienvenus ), pour poser ensemble les premières pierres de notre toute autre école.

 

   

Rentrée académique : le discours des co-présidents

 

 Ce lundi 14 septembre 2015, nos coprésidents étaient présents lors de la rentrée académique pour affirmer l'ambition des utopies de l'AGL.

(Re)Découvrez ci-dessous leur discours, ou en vidéo via ce lien. Ce lundi 14 septembre 2015, nos coprésidents étaient présents lors de la rentrée académique pour affirmer l'ambition des utopies de l'AGL

Mesdames et Messieurs,

Chers étudiants, chères étudiantes,

Chers amis,

 

« Aujourd’hui j’aurais pu vous adresser le même message que celui que nous faisons depuis 10 ans, mais cela n’aurait servi à rien. En effet, nos attentes vis-à-vis de l’enseignement à l’Université sont restées les mêmes : nous désirons toujours vous proposer de construire, ensemble, une ‘‘Autre Université’’ ». Fin de citation.

 

C’est en ces termes que s’exprimait le président de l’AGL lors de la rentrée académique, il y a 16 ans.Depuis toujours, la question de l’idéal d’éducation trône au centre des préoccupations du mouvement étudiant. En cette année académique, une fois encore, nous souhaitons construire, ensemble, une Utopie audacieuse et inspirante. L'ouvrage éponyme de Thomas More a le mérite de proposer une société en dehors des carcans traditionnels. Son modèle, visionnaire ou candide selon les avis, nous permet de penser autrement, non seulement la vie sociale, économique et politique, mais aussi, l'enseignement.

 

Dans ce domaine, Thomas More, par sa description précise de l'étude et de l'apprentissage chez les Utopiens, semble nous inviter à rêver de nouvelles valeurs : la coopération plutôt que la compétition, le libre accès plutôt que la sélection, la gratuité plutôt que les droits d'inscription. Difficile de s'en inspirer dans un contexte international où la concurrence est perçue comme une fin en soi, l'austérité comme un principe constitutionnel, l'éducation comme un poidsbudgétaire, et non un investissement dans l'avenir.

 

Notre utopie ne concerne pas pour autant la seule université, mais bien notre société au sens le plus large ; l'enseignement supérieur n'étant qu'un moyen d'y parvenir. Personne ne peut décrire le Monde tel qu'il sera dans 20, 50 ou 100 ans. Mais nous savons qu'au moment de fonder une utopie, nous n'aurons pas besoin de simples diplômés, mais bien d'hommes et de femmes formés et dotés d'un esprit critique et citoyen. Critique, d'une part, pour permettre de penser la société en questionnant ses fondements, en sortant du cadre, en réfléchissant sur ses paradigmes structurels. Citoyen, d'autre part, pour que les connaissances et l'esprit analytique et interrogateur des universitaires soient mis véritablement au service de l'intérêt général, et non à celui de quelque intérêt personnel ou partisan.

 

En tant que lieu privilégié de production, de transmission et de transformation du savoir, l'Université occupe une place centrale dans la société. Son rôle est d'oser penser le monde contemporain et ses enjeux, réinterroger les modèles en vigueur et les critiquer de façon à permettre une mutation profonde des mentalités. Non contente de former des experts, elle doit donner à ces experts la capacité de jeter un regard critique sur les questions éthiques, sociales et politiques. Elle doit les rendre conscients des implications de leur activité dans la société, de leur responsabilité et du pouvoir qui est le leur. Trop souvent, on a vu l'Université former des banquiers, des techniciens, des bureaucrates, mais trop peu d'humanistes. Il est temps d'oser rêver plus grand, plus digne, plus juste.

 

La question que nous souhaitons, nous étudiants et étudiantes, vous adresser, à vous tous ici présents, est la suivante : « Pensez-vous que l’UCL incarne cet idéal ? ». Le cas échéant, il est surprenant de constater combien certains cours dispensés dans notre Université manquent de mise en perspectives, de questionnement des paradigmes, d’ouverture sur d’autres disciplines.

 

Dans le cas précis de l’enseignement des sciences économiques, rares sont encore les matières qui osent offrir une critique du modèle orthodoxe --- et ce, en dépit de la crise qui frappe notre économie depuis plus de 7 ans. Ce problème n’est pas neuf. Déjà en 1994, Frédéric Thiry, notre prédécesseur, rapportait à propos des études en gestion : “Notre formation nous apprend les règles d’un jeu en nous questionnant très peu sur ses finalités ; elle nous incite à considérer de simples notions économiques comme des vérités universelles”. Fin de citation.

 

Il est temps de favoriser une pensée critique, pluraliste et interdisciplinaire, il en va de la responsabilité sociétale de notre institution, comme le souligne le plan 2020. Mais au-delà des mots, il importe d’envisager des actions. Pourquoi rester cloisonné dans un seul et unique paradigme ? Engageons, par exemple, des professeurs d’économie qui proposent des approches alternatives. – Btw l’un d’entre eux vient d’arriver sur le marché de l’emploi –. Cette revendication, parmi d’autres, participe d’une contestation plus large, comme en témoignent l’I.S.I.P.E au niveau international et, plus localement, au cœur même de notre université, l’I.L.P.E, Initiative Louvaniste pour le Pluralisme en Économie.

 

Mais n’oublions pas que ce problème est un problème global. Il existe encore de nombreuses filières où la remise en question et la pensée critique peinent à s'imposer dans les auditoires. Un ingénieur peut sortir avec la plus grande distinction de son cursus universitaire et n'avoir jamais été confronté aux problématiques éthiques liées aux sciences et aux techniques, aux enjeux des marchés de l'énergie ou aux questions du développement durable. Les formations gagneraient à prendre la multi-disciplinarité comme pierre de touche d'un enseignement novateur et réellement détenteur de l'excellence. L’esprit critique et citoyen ne peut se satisfaire d'être le corrélat d'un cours existant, ni se cantonner aux remarques liminaires d'un enseignement déjà constitué. Dans le monde d'aujourd'hui, il faut savoir fixer les priorités. En fin de comptes, il en va du bien-fondé de la formation de notre université.

 

S’il est un espoir qui nous tient à cœur, c’est que nos successeurs n’aient pas à répéter ce même discours, mais que notre Utopie investisse si bien le cadre universitaire qu’il leur soit permis d’en rêver de nouvelles. Qu’il leur soit permis, à leur tour, de défendre des valeurs sociales, environnementales, démocratiques.

 

Merci beaucoup pour votre attention !