7 préjugés sur les jurys d'examen

 

L'AGL est allée à la rencontre des Présidents des Jurys, pour tenter de démystifier un peu le fonctionnement de ceux-ci et casser quelques idées reçues...

« Un jury comprend notamment l'ensemble des enseignants qui, au sein de l'institution, sont responsables d'un enseignement obligatoire au programme de l'année ou du cycle d'études et ne délibère valablement que si plus de la moitié de ces enseignants sont présents. Les responsables des enseignements suivis au cours de l'année académique par au moins un étudiant régulièrement inscrit participent de droit à la délibération. » (article 68 §2 du Décret définissant l'enseignement supérieur, favorisant son intégration dans l'espace européen de l'enseignement supérieur et refinançant les universités)

 

1. Ce prof, il me déteste, c’est de sa faute si j’ai raté.

Impossible ! Le vote en jury d’examen se fait à la majorité. Pas de droit de veto sur ta réussite ! « S'il y a vote, les décisions sont prises à la majorité absolue des voix émises. En cas de parité des voix, la solution que le jury estime la plus favorable à l'étudiant l'emporte. » (article 131 du règlement des études et des examens de l’UCL)

2. Le jury est là pour couper des têtes.

Plutôt pour les sauver ! Le jury est tenu de respecter la loi. Si tu as 10/20 à un examen, le jury est obligé de le créditer. Le jury ne peut aller en-deçà de la loi, mais par contre, il peut l’appliquer de manière plus souple en ta faveur, en décidant de créditer des cours pour lesquels tu n'as pas eu le minimum de 10/20.

3. Ils ont descendu mes notes en délibé.

Impossible ! Le Président et le Secrétaire de ton jury se sont assurés que toutes les notes ont bien été enregistrées avant la délibération et aucun enseignant n’est autorisé à modifier sa note en séance pour te porter préjudice. Elles sont d’ailleurs projetées sur grand écran lors de la délibération.

À noter : les professeurs peuvent demander à voir l’entièreté de ton parcours académique, lors de la délibération uniquement (et pas lorsqu’ils encodent la note de ton examen).

4. Ils ne m’ont pas donné de distinction alors que j’ai 13,7 de moyenne, c'est injuste.

Les moyennes requises pour obtenir un grade ne sont pas mentionnées dans le règlement des études et des examens. Les pratiques peuvent être un peu différentes d’un jury à l’autre. Par exemple, certains jurys donnent la distinction à 14/20 de moyenne, d’autres le font également à la condition qu’aucune cote ne soit en-dessous de 10, d’autres encore l’accordent à 13,5/20 s’il n’y a aucun échec.

À noter : Le jury de ton programme applique le règlement des examens de la façon la plus constante possible en tenant compte de la jurisprudence qui lui est propre, c’est-à-dire en prenant en considération ses décisions sur des cas similaires qui se sont produits dans le passé.

5. Je suis dans la même situation que mon cokotteur, qui fait d’autres études, mais la décision des jurys n’est pas la même, ce n'est pas normal.

Ton parcours est-il le même ? As-tu le même nombre d’examens réussis ? Avec la même moyenne ? Les situations sont rarement identiques, surtout si tu ne suis pas les mêmes cours que ton cokotteur.

6. Je suis dans la même situation qu’un étudiant de mon auditoire : c’est le même jury, mais la décision n’est pas la même, ce n'est pas normal.

Le jury est souverain : il prend en compte des éléments dont tu n’as pas forcément connaissance, surtout pour les cas limites. En effet, le règlement prévoit que "le jury prend en considération tout élément d'appréciation du travail et de la situation de l'étudiant". Deux cas similaires au niveau académique ne le sont pas forcément au niveau personnel et peuvent donc être traités de manière différente. (Article 136 du règlement des études et des examens).

C'est donc pour cette raison qu'il est très important de prévenir le jury des éventuelles difficultés que vous avez rencontré pendant le quadrimestre ou pendant le blocus (maladie, décès dans la famille, etc).

7. J’ai échoué parce qu’il y a un quota caché.

Il n’y a aucun quota pour passer d’une année à l’autre, quels que soient la faculté ou le programme. Ton labo de 2ème bac dispose de 52 places ? Il n’y aura pas 52 réussites au maximum pour autant.

En conclusion...

Certaines universités appliquent un système purement automatique pour les délibérations. Même si au premier abord, cela peut te paraître le système le plus égalitaire, il déshumanise fortement les décisions : l’ordinateur ne tient compte ni de problèmes extérieurs, ni de ton parcours personnel.
Ce système n’est pas utilisé à l’UCL, c’est la raison pour laquelle tu peux toujours faire savoir au jury (en contactant le président ou le secrétaire) et avant la délibération, une circonstance particulière qui, à tes yeux, éclairerait le jury dans sa décision. Cela ne pourra jamais jouer en ta défaveur.

 

Ce prof, il me déteste, c’est de sa faute si j’ai raté !