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UCL : Des mineures supprimées, le système menacé?
Écrit par Ruhumuza Mbonyumutwa   
Vendredi, 30 Décembre 2011 13:09

Article mis à jour le 1er janvier
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Le 15 décembre 2011, lors du Conseil de l’Enseignement et de la Formation (CEFO), un point sur les mineures a été mis à l’ordre du jour à la demande du collège des Directeurs Administratifs de Faculté (DAF). Ces derniers ont fait part au CEFO de difficultés organisationnelles liées aux mineures. En effet, certaines facultés étant sous-financées, elles ne disposent plus de l’entièreté du staff administratif nécessaire pour assurer toutes leurs fonctions, dont gérer l’aspect administratif des mineures (coordonner les horaires des cours, des examens et la dispersion des inscriptions).

Pour pallier à ces problèmes les DAF ont proposé d’une part de développer plusieurs mesures de soutien académique, jugées très pertinentes par l’AGL. Mais d’autre part, et c’est là que le bât blesse, ils ont proposé de « diminuer l’offre des mineures », en d’autres termes, en supprimer.

En ligne de mire de ces propositions de suppression des DAF, se trouvent les mineures en études anglaises, sciences de l’éducation, études hispaniques, sciences biomédicales, études françaises, sciences du médicament, études latines, études grecques, études anciennes, chimie, culture scientifique, statistiques et bio-ingénieur soit ni plus ni moins qu’un cinquième des mineures accessibles aux étudiants de l’UCL.


Les étudiants de l’AGL qui siègent au CEFO se sont opposés à cette mesure estimant que même s’il s’agit des mineures qui comptent le moins d’inscrits, il est important qu’elles restent en place et ce pour trois principales raisons :

- La première est que si ces mineures sont peu fréquentées, c’est en raison de restrictions qui affectent leur accès, telles que des conditions d’admission, l’exigence d’une lettre de motivation ou encore un accès ouvert seulement aux étudiants issus de certaines facultés bien précises. Beaucoup d’étudiants qui souhaiteraient s’y inscrire en sont donc empêchés, ou sont dés-incités par des barrières administratives.

- La seconde raison est que les mineures sont un atout important de notre université. De nombreux étudiants ont choisi notre institution notamment pour son projet de mineures, qui permet d’introduire l’interdisciplinarité dans nos formations. S’il y a bien un projet qu’il ne faut pas détricoter mais améliorer, c’est bien le projet des mineures. L’AGL (et une bonne partie des membres du CEFO) est d’ailleurs demandeuse d’une réflexion à ce sujet.

- Enfin la troisième raison est qu’à l’heure actuelle, aucun signe ne laisse penser que les problèmes financiers de l’UCL et des facultés (et de l’enseignement supérieur en général) vont s’améliorer à court ou à moyen terme. Il en découle que si aujourd’hui, un cinquième des mineures est supprimé pour des raisons budgétaires, il y a tout lieu de penser que demain, lorsque les facultés feront à nouveau face à des problèmes budgétaires, on propose de supprimer à nouveau un cinquième des mineures avec les mêmes raisons. Car les arguments et le contexte seront les mêmes. Si nous acceptons une détérioration de la qualité de notre enseignement pour des raisons budgétaires aujourd’hui,  nous ne trouverons pas de nouvelle raison demain pour nous opposer à d’autres suppressions. C’est une logique dans laquelle il est sage de ne pas entrer.

Le Conseil de l’enseignement n’a pas pris position sur la suppression de ces mineures. Toutefois, il y a des chances que celles-ci soient supprimées au niveau des facultés au travers des commissions de programme. Il y a également une volonté de fusionner certaines mineures, ce qui revient à en supprimer car la moitié des cours de chacune ne seront plus accessibles.

L’AGL désapprouve ces suppressions de mineures. D’une part car les mineures constituent un des principaux leviers de l’UCL pour promouvoir la flexibilité des programmes et surtout l’interdisciplinarité. L’interdisciplinarité qui est une des bases de l’esprit critique et de la formation citoyenne, deux objectifs phares de l’enseignement de l’UCL. Il serait donc paradoxal d’en diminuer la présence au sein des cursus. D’autre part, il existe d’autres pistes pour résoudre le problème du manque d’encadrement administratif. Au sein de l’UCL, il est possible de faire le choix d’augmenter la part de budget allouée à l’enseignement. L’UCL présente en effet un budget en positif. Les problèmes budgétaires des facultés pourraient ainsi être en bonne partie résolus. A un niveau plus macro, notre institution pourrait également demander plus vigoureusement aux autorités politiques une hausse de son allocation de financement. Ces deux pistes auraient comme avantage de ne pas mettre en cause notre modèle d’enseignement.

Le manque de ressources financières allouées à l'enseignement se manifeste déjà dans l'offre des mineures. En effet, la faculté de Psychologie a décidé suspendre l'organisation de la mineure d'initiation à la psychologie pour faire des économies budgétaires. Fini donc la possibilité d'une ouverture poussée à la psychologie pour tous les autres étudiants de l'UCL ! La décision en PSP constitue un précédent et ouvre une brèche dans laquelle les autres facultés pourraient avoir la tentation de s’engouffrer. A noter que la faculté de psycho, lors d'une récente réforme pédagogique, a également décidé de remplacer la mineure accessible à ses étudiants par différents cours disciplinaires et 15 crédits de cours au choix.

C’est au cours de l’année 2005-2006 que l’UCL a lancé pour la première fois cet ambitieux projet des mineures, qui a formé avec succès plusieurs générations d’étudiants de l’UCL. Plutôt que d’en réduire le nombre aujourd’hui pour pallier à des problèmes budgétaires, l’AGL propose à l’UCL de faire le choix d’allouer les budgets nécessaires à l’enseignement, afin d’en garantir la qualité1. Elle salue également l’initiative du Pro-Recteur à l’enseignement de l’UCL de lancer un groupe de réflexion sur les mineures et  espère que celui-ci aboutira avec succès.

Nous avons créé un groupe Facebook spécialement sur ce sujet. Viens y participer à la discussion et échanger ton point de vue. Toutes les infos et pistes d'actions à propos des mineures y seront abordées.

 

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Commentaires (17)
Enseignement vs recherche? Pas tout à fait.. pas faux non plus
17 Samedi, 31 Décembre 2011 18:38
Merlin
Salut Bat !

Tout à fait, il faut globalement REFINANCER l'enseignement et j'entends par là accorder une part plus importante du budget de la communauté française à l'enseignement obligatoire et supérieur. Une récente étude de l'Académie royale (fortement contestée par l'AGL quant aux propositions de solutions mais dont l'analyse objective est partagée ; disponible sur le site de l'UCL) constate que si l’allocation de fonctionnement totale des universités a augmenté de 21 % entre 1991 et 2010, pour atteindre 570 millions d’euros, le nombre d’étudiants a crû dans le même temps de 34 % et le PIB de 42 %. L’allocation par étudiant a dès lors diminué sur cette période de globalement 10 %. Elle propose aussi (proposition partagée par l'AGL) de refinancer d'au moins un plein pourcent du PIB l'enseignement supérieur (voir aussi Le Soir du 26/11).

En effet il faut engager plus de profs, plus d'assistants et plus de personnel administratif.

Maintenant, on peu néanmoins voir une tension entre enseignement et recherche, surtout depuis que leurs budgets ont été physiquement séparés et que leur organisation s'est différenciée (réforme introduisant les secteurs et supprimant les départements). Depuis on voit que si globalement on devrait plus financer enseignement ET recherche, l'UCL et d'autres unifs, pour rester à la pointe des rankings, privilégient la recherche.
C'est malheureusement aussi entré dans les moeurs, certains professeurs trouvant leur recherche plus importante que leurs cours (heureusement, pas tous). Mon père est ex-prof à l'UCL donc je peux te confirmer cette tendance ;-)
Et les difficultés d'enseigner augmentant (les profs doivent toujours enseigner à plus de gens), le gout d'enseigner diminue aussi...
Moyens budgétaires pour l'enseignement = ?
16 Samedi, 31 Décembre 2011 18:00
Bat
O'Malay, qu'entedez-vous par "L'AGL rejoint là dessus les Doyens ESPO, DRT et PSP dans leur demande de davantage de moyens pour l'enseignement."?

Vous semblez opposer le financement de l'enseignement aux autres missions (la recherche, le service à la société). Or, il est compliqué d'opposer l'enseignement au reste. Qu'est-ce qui coûte cher, dans l'enseignement? Le personnel. Qui n'est pas sur un budget "enseignement" (le personnel, au moins académique et scientifique, participe aux trois missions de l'université).

La question n'est donc pas de savoir s'il faut plus du budget "pour l'enseignement". La question, c'est que l'UCL manque clairement de personnel, notamment académique et scientifique définitif (diminution forte depuis 20 ans et précarisation): on ne fait bas un bon enseignement (et encore moins une bonne recherche) avec des gens précarisés qui sont payés pour quelques heures. Il faut des profs en suffisance, "à demeure".

Je soutiendrais l'AGL si au lieu de sans cesse opposer l'enseignement au reste, elle parvenait à développer une vision cohérente de l'université, et pas plaider de dévaliser Pierre pour habiller Paul. Tant que l'AGL contribuera au jeu des doyens (qui mènent leur guéguerre contre les instituts qu'ils voient comme concurrents à leur pouvoir) consistant à opposer l'enseignement au reste, le seul résultat tangible sera une dégradation de la recherche (déjà largement dépouillée de moyens en sciences humaines), sans amélioration de l'enseignement car ce n'est pas avec des budgets de fonctionnement qu'on fait de l'enseignement, mais avec des personnes. Non seulement opposer l'enseignement au reste ne sert à rien du point de vue étudiant, mais en plus cela risque à terme de dégrader la qualité de l'enseignement: une université dont on limite les moyens de recherche n'est plus qu'une Haute Ecole sans valeur ajoutée réelle...
@ Geoffrey, Nathalie, Noémie
15 Samedi, 31 Décembre 2011 17:32
O'Malay
Si je vous entends bien, il y a deux arguments qui justifient la suppression de la mineure. Tout d'abord le "climat budgétaire" qui "ne donne pas le choix". Ensuite, le choix d'un projet de formation axé sur "une meilleure formation au métier de psychologue".
Concernant le premier argument, il y a de bonnes raisons de penser que l'UCL a les capacités de financer l'enseignement à hauteur de ses besoins. En effet celle-ci ne souffre pas de difficultés budgétaires et a des réserves. Il y a donc un choix à faire dans l'allocation de ses ressources. L'AGL rejoint là dessus les Doyens ESPO, DRT et PSP dans leur demande de davantage de moyens pour l'enseignement. Pour que cette demande soit fructueuse, il faut montrer aux autorités compétentes les effets du sous-financement et engager des démarches pour les convaincre. Seulement cela prend quelque temps, et il me semble que ce temps n'ait pas encore été pris. Il le sera au prochain quadri, c'est donc dommage que la réforme en psycho sera déjà d'application.

Le deuxième argument, assez pertienent, concerne le type d'enseignement que l'on veut. Voulons-nous un solide enseignement disciplinaire (comme l'a récemment choisi psycho ou l'avaient précédemment choisi d'autres facs) ou voulons nous un enseignement ouvert à d'autres disciplines ? (pour citer Einstein :" L'école devrait toujours avoir pour but de donner à ses élèves une personnalité harmonieuse, et non de les former en spécialiste"). Le choix revient à la faculté de psycho et à elle seule et elle a opté pour la première option.

Le problème est que, comme c'est dit dans l'article, le choix de psycho constitue un précédent qui aura peut être des répercutions sur d'autres facultés. C'est la première fois qu'une faculté quitte le système mineure, à fortiori pour des raisons en partie budgétaires.
Psycho
14 Samedi, 31 Décembre 2011 16:36
Bat
Par ailleurs, le cas de PSP est très particulier, et me semble un très mauvais exemple pour aborder la question:

-D'une part, la "suppression" des mineures se fait dans le cadre d'une refonte de tout le programme de bac, ce qui ne correspond pas à la crainte exprimée par l'AGL.

-D'autre part, les mineures PSP sont très restreintes, et quelque part inéquitable vis-à-vis du reste de l'université: alors que PSP envoie dans les autres facultés plusieurs centaines de ses étudiants, la faculté n'en accepte que 25. Autrement dit, elle fait supporter 1/6 de sa formation par les autres facultés, sans contribuer (en contrepartie) à la formation des autres, ou très peu (plusieurs centaines contre 25).

Supprimer la mineure pour les étudiants de PSP est, quelque part, la meilleure (ou la moins mauvaise) solution si la faculté estime ne pas être en mesure de former les étudiants d'autres facultés en nombre significatif. C'est sans doute regrettable, mais au moins cela évite la création de déséquilibres posant des problèmes aux autres facultés et cursus.
Les problèmes ne sont pas que financiers
13 Samedi, 31 Décembre 2011 16:27
Bat
La première raison pour laquelle les DAF veulent limiter l'offre de mineures sont les problèmes pratiques et administratifs liés à leur gestion, dont les étudiants sont les premières victimes.

En caricaturant un peu, le système des mineures est ouvert de façon maximaliste: n'importe qui peut suivre n'importe quelle mineure. Il en résulte toute une série de conflits horaires, de problème d'organisation des examens, de problèmes de suivi des étudiants, etc. En effet, si vous avez un cours avec des étudiants venant de 10 facultés différentes, il y a toujours une partie de l'auditoire qui est dans l'impossibilité de suivre le cours ou l'examen, puisqu'il est impossible d'organiser tous les horaires de toutes les facultés convenant simultanément à tous les étudiants. On a donc un système où tout le monde peut tout faire... en théorie, mais pas en pratique.

Les universités sont peut-être sous-financées, mais plus de financement n'arrangerait pas nécessairement ce problème: la limite, ce sont les possibilités des étudiants, pas le nombre de profs ou assistants. Plus de prof permettrait de dédoubler l'un ou l'autre cours, réduisant peut-être le problème, mais ne le supprimant certainement pas: on ne peut organiser un cours par étudiant!
Psycho
12 Samedi, 31 Décembre 2011 15:34
Nathalie - Présidente BDE Psycho
Merci Noémie & Geoffrey pour les précisions plus que nécessaires ;)
Nous étions tous les trois présents lors des nombreuses heures de débats, de discussions afin de trouver des alternatives et des propositions de qualité... Malgré que nous - représentants étudiants, assistants, professeurs, membres administratifs,...- aurions aimé pouvoir garder notre mineure/offrir une mineure psycho aux autres étudiants, dans le contexte budgétaire actuel, nous avons du faire un choix et poursuivre notre but prioritaire : offrir une formation de qualité à nos étudiants, futurs psychologues.

Jocelyne, les places pour la mineure en psycho sont limitées à 25 candidatures. Il faut en effet motiver sa demande, mais sache que depuis de nombreuses années nous n'atteignons plus ce quota de 25, généralement vous êtes entre 15 et 20 inscrits. Enlever cette barrière ne changerait donc rien ;)

Bien à vous tous,
mineure en psychologie
11 Samedi, 31 Décembre 2011 14:47
Jocelye
Bonjour, je ne comprends pas qu'on dise qu'on ferme des mineures parce qu'il n'y a pas assez d'étudiants qui s'y inscrivent... Je suis inscrite en faculté Espo et ma mineure est la psychologie. Il n'y a que 15 étudiants qui peuvent s'inscrire dans cette option et il faut motiver sa demande... S'il n'y avait pas de barrière il y aurait plus d'inscrits non? Alors pourquoi ne pas enlever ces barrières?
Psychologie Bis
10 Samedi, 31 Décembre 2011 14:14
Noémie
Je suis assez déçue quant à la manière dont l'AGL traîte le dossier "mineure en psycho"... Manque de connaissance du dossier, non prise en compte de la problématique dans son ensemble, envoi précipité d'un e-mail à tous les étudiants...

La fac de psycho a choisi après de longues heures de débat ce qui lui semblait, vu les contraintes, la moins mauvaise solution: supprimer une opportunité d'ouverture que ne saisissait qu'une minorité d'étudiants pour pouvoir offrir une formation de qualité, ambitieuse et innovante, incluant ouverture et esprit critique, à la totalité de ses étudiants.

Un article comme celui-ci manque cruellement de respect pour tous les enseignants qui consacrent des heures et des heures de leur temps de travail à réformer la formation en psychologie pour améliorer sa qualité! Avant de parler de "conséquences vraiment regrettables", merci de prendre connaissance de la réforme dans son ensemble...

Merci à l'AGL d'ouvrir ainsi le débat... Cela aurait cependant été pertinent de tenir compte de celui qui avait eu lieu en psycho histoire de ne pas réinventer la roue ni de s'acharner pour des principes sans tenir compte de l'application dans le réel.

Cordialement,

Noémie
Assistante en psycho
Mineures supprimées, système menacé ?
9 Samedi, 31 Décembre 2011 12:36
Merlin
Tout à fait d'accord avec toi : la recherche est aussi sous-financée (et selon moi le sera toujours, c'est comme pour la culture, le développement ou ... l'enseignement, on n'investira jamais assez dedans ^^). Heureusement la Belgique, si elle ne finance pas assez la recherche, a un "rendement" très élevé (pour x € investis dans la recherche on a des résultats meilleurs que dans la plupart des autres pays).

Bien sur, dégrader la qualité de l'enseignement n'est l'objectif de personne. Le problème constaté est un ordre de priorités qui ne place pas l'enseignement en tête à l'UCL (la recherche est plus mise en valeur, or pour moi ce sont deux domaines d'égale importance...), et ne met pas un enseignement interdisciplinaire et critique dans les premières places.
D'où cet article qui vise aussi à rappeler à l'UCL ses déclarations et ses objectifs. Ce qui ne signifie évidemment PAS que ses dirigeants ne sont qu'une bande de salopards prêts à tout pour définancer l'enseignement évidemment ;-) Seulement quand 1/5 des mineures sont en danger, on ne peut pas réagir avec mollesse.

Cet article se base aussi sur des élections qui virent la victoire d'une liste qui mettait énormément en avant sa volonté d'améliorer l'esprit critique et l'interdisciplinaire à l'UCL (ex : cours méta métis). Et cela se retrouve également dans le "programme" du comité actuel qui a été validé par le conseil.

J'espère enfin que le titre actuel te semble mieux. Il ne me semble pas mensonger et l'article qui suit est là pour informer, de plus nous sommes disponibles pour répondre aux questions. Et vu le succès du groupe facebook à mon avis les étudiants ne s'en foutent pas ;)
J'aurais aimé vivre moi aussi dans un monde où une majorité de gens lisent un article selon des choix objectifs et où il n'y aurait pas besoin de titres un peu "choc" pour susciter l'intérêt, mais bon, on sait que ce n'est pas le cas :-)

Bon réveillon !
Psychologie
8 Samedi, 31 Décembre 2011 12:25
Geoffrey C.
Concernant la suppression au sein de la fac de psycho. Je tiens à préciser certaines choses.

1) la suppression de l’accès à une mineure pour les étudiants de psycho, intervient dans le cadre d'une réforme de l'entièreté du programme de BAC dont le but principal est d’améliorer l’enseignement à fin de préparer au mieux l'étudiant au master et donc à sa vie professionnelle. Les ressources (financières et de personnel) allouées, habituellement, aux mineures seront donc utilisées dans le cadre d'un projet pédagogique afin de garantir une meilleure formation au métier de psychologue par l'ouverture de cours et une place plus importante accordée à la critique et à la place du psychologue dans la société )

2) L'étudiant aura toujours 15 crédit de cours à option qu'il pourra prendre dans une autre fac. (Par exemple en Crimino qui est la mineure actuellement la plus prisée par les étudiants en psycho)

3) La mineure de psycho (pour les étudiants d’autres facultés) ne sera pas supprimée mais suspendue ce qui signifie que si l'AGl parvient à une répartition plus égale des ressources au sein des différents secteurs et facultés et/ou si le ministre de l'enseignement supérieur attribue de nouveaux budgets, elle pourra être à nouveau ré-ouverte.

Geoffrey
Délégué de cours en BAC3 psycho
Conseiller facultaire
Conseiller de Secteur
Provisions
7 Samedi, 31 Décembre 2011 12:19
MH
Les provisions ne sont pas forcément une mauvaise chose, si elle permette de garantir la qualité de l'enseignement dans le long terme.
L'UCL, tous des rats ? (2)
6 Samedi, 31 Décembre 2011 11:30
Vinch Lao
Salut et merci pour vos réponses, je crois comprendre mieux le problème. C'est vrai que c'est con de virer des mineures pour juste une problème organisationnel, et comme d'habitude le problème à la clef de tout ça reste le sous-financement de l'enseignement (et entre nous, la recherche est aussi largement sous-financée). L'AGL a en effet un rôle important à jouer dans le domaine, en tout cas pour poser les bonnes questions.

Il n'empêche que je reste perplexe sur l'intérêt de votre critique acerbe. Vos interlocuteurs de l'UCL ne sont pas des chiens, ils n'ont tué personne, et je ne crois pas que leur objectif soit de dégrader la qualité de l'enseignement ! Contrairement à ce qu'on peut souvent penser en lisant les communiqués de l'AGL.

@Merlin. Ne te félicite pas du tout de votre "titre qui frappe". Les titres mensongers et racoleurs, qui frisent la désinformation, je trouve ça aussi dégueulasse ici que dans Le Soir. Tellement de gens verront ce titre, ne liront pas l'article, et prendront vaguement cette "info" pour comptant ! Ils s'en foutent plus ou moins, mais ça les influencera aux prochaines élections (civiles ou étudiantes). Je pense que ça fait beaucoup plus de mal que de bien !
Sans mineure
5 Samedi, 31 Décembre 2011 09:41
Céline
Personnellement, sans mineure, je ne serai pas venue à l'UCL.

Cela dit, je pense qu'en dehors de l'interdisciplinarité, il serait bon également de questionner ce système de formation qui offre à l'étudiant un parcours malléable à souhait et découle de Bologne..
Objectivité?
4 Samedi, 31 Décembre 2011 00:30
Merlin
Bonsoir Vinch ! Merci de t'intéresser aux actions de l'AGL tout d'abord !

Première chose, le choix d'un titre qui frappe est délibéré et on sait bien que ça n'est pas neutre (d'où aussi le point d'interrogation). Le but étant tout simplement d'interpeller l'étudiant pour l'inciter à lire ! Quand le Soir titre "Les réunions secrètes entre Di Rupo et les syndicats" ou "Un excédent budgétaire de 3,9 milliards de FB pour la Flandre" c'est la même chose, on met ce qui est gros pour susciter l'intéret. Nous sommes contents en tout cas que l'objectif semble être atteint puisque ça t'a poussé à lire et réagir !

Pour ajouter ensuite sur le fond, en plus de ce qu'a dit Olivier, il faut souligner qu'il y a un problème avec le financement de l'UCL et le financement de l'enseignement en général.
- En effet, l'UCL réalise chaque année des bénéfices qu'elle provisionne, et investit fortement dans la recherche, ou encore l'utilise pour créer des spin offs. Ce qui est bien, mais quand on voit que de nombreuses facultés sont asphyxiées par manques de moyens (et celle d'AGRO l'est également, demande à Antoine Saint-Amand (coprésident AGL et étudiant en BIR) ou Antoine Hubert (ton président de BDE) !), on peut s'interroger sur la répartition du budget UCLien.
- De plus la communauté française sous-finance l'enseignement (une récente étude conseillait par exemple d'augmenter d'au moins de 1 pourcent la part du PIB allouée à l'enseignement, et ce juste pour le supérieur !). Normal alors que la qualité de l'enseignement soit progressivement rabotée.

C'est pour cela qu'en tant que représentants étudiants, nous agissons fort avant pour ne pas arriver à une situation dans laquelle la réaction serait trop tardive et inefficace. Je ne suis pas si je suis clair, sinon, hésite pas à répondre ;-)

Bon courage pour ton blocus, bonne merde aux examens et d'avance bonne année !
UCL : les mineures... en voie d'extinction ?
3 Samedi, 31 Décembre 2011 00:03
Olivier Malay, vice-président de l'AGL pour l'enseignement
Salut à toi,
D'abord, merci pour ton commentaire, c'est toujours bien de voir des étudiants concernés par ce qui se passe dans leur institution. Pour répondre dans l'ordre : Le problème actuel est que les facultés ont tellement peu de moyens qu'elle ne peuvent pas payer le staff administratif nécessaire pour s'occuper d'encoder les différents cours pris par les étudiants dans différentes mineures. Ni organiser deux examens différents, ni gérer les inscription dans les mineures de la faculté. Bref un bête problème organisationnel mais qui pose de sérieuses questions. Comme dit dans l'article, il n'y a pas de raison de penser que la situation des facultés va s'améliorer. Ca sera même le contraire. Donc si on supprime 20% des mineures aujourd'hui avec un argument budgétaire/organisationel, on le refera probablement demain avec le même argument budgétaire. J'espère que ça répond à deux de tes questions. Sinon, pourquoi les mineures sont si importantes ? Parce que ce sont à l'heure actuelle un des seuls leviers de l'université pour jouer sur le terrain de l'interdisciplinarité. L'interdisciplinarité est un des ciments de l'esprit critique, objectif prioritaire de l'UCL et de l'AGL. Ce ne sont donc pas de "simples" moyens d'organiser l'enseignement, mais une volonté de notre institution de renforcer le caractère critique de la plupart des formations.
Bonne soirée
Titre populiste
2 Vendredi, 30 Décembre 2011 23:23
Vinch Lao
J'ajoute que votre titre est super démago. Avec un peu d'honnêteté intellectuelle, le titre de l'article aurait été : Les mineures ... remises en questions ?

Avec votre voie d'extinction, vous me faîtes peur, vraiment.
L'UCL, tous des rats ?
1 Vendredi, 30 Décembre 2011 23:21
Vinch Lao
Supprimer 20% des mineurs actuelles signifierait-elle vraiment la fin des mineures à long ou moyen terme ? "Accepter la suppression de 20% de mineures revient donc à ouvrir une boite de Pandore " : le lien de causalité ne me semblait pas évident, mais grâce au "donc" dans la phrase, tout est plus clair !

Non, mais sans blague. Les mineures ne sont pas des acquis sociaux ou des droits fondamentaux. C'est une manière probablement très intéressante d'organiser un cursus, mais ce n'est (dieu merci) pas la seule manière académique de diversifier son apprentissage. En agro, on a pas de mineures, et personnellement, je vis ça très bien, merci.

Chère AGL, en tant qu'étudiant que vous êtes sensés informer en plus de représenter, j'aimerais comprendre ce qui fait que les mineures coûtent si cher (enfin, je suppose, si on les supprime pour des raisons financières). Je voudrais vraiment une réponse, si si !

Personnellement, je trouve ça super que vous vous intéressiez à la question, les étudiants sont plus que concernés par la construction des programmes, mais votre dénonciation des vils desseins liberticides et financiers de l'UCL va trop loin, c'est ridicule. Défendre les mineures pour défendre les mineures ça n'a pas de sens, par contre il est important de garder un œil sur chaque programme (en local donc, pas en criant "à bas tout" dans tout LLN) afin qu'il continue à permettre une formation de qualité aux étudiants.