Marchandisation: Non, non, non.

Il y a deux semaines, un groupe d'académiques impulsé par Annick Stevens (un professeur de philosophie qui a démissionné de l'ULG ), a rédigé un manifeste qui appelle à repenser l'université. Avec quel objectif ? Leur but est de promouvoir une autre vision de l'université. En ligne de mire, ils critiquent une dérive utilitariste et productiviste de celle-ci (==> http://www.univendebat.eu/), qui n'accorderait plus assez d'importance à la formation critique et citoyenne. Il faut donc, selon eux, réaffirmer les véritables finalités de l'université et doter celle-ci des moyens pour les réaliser. La presse a relayé cette initiative : la Libre en a fait un article, l'Avenir également et des professeurs de l'ULB ont envoyé un appel dans le même sens plaidant pour une "désexcellence" des universités.

L'AGL dénonce depuis plusieurs années cette prise de distance entre l'enseignement et ses finalités. Elle considère en effet que l'évolution unidirectionnelle de l'enseignement (vers plus d'employabilité, d'efficacité) se fait au détriment de certains aspects essentiels tels que la participation des étudiants, la formation critique et l'engagement citoyen. La maigre part de ces préoccupations dans les politiques d'enseignement en témoigne, au niveau politique comme universitaire (même si la volonté des acteurs et des décideurs est souvent bien plus riche et diversifiée que ne le montrent les politiques appliquées). L'AGL a donc pris régulièrement position sur le sujet (Académie Royale, Acquis d'apprentissages et Fête de l'université) et a également joint le geste aux paroles en co-fondant le groupe Méta-Métis, un groupe regroupant différentes associations qui visent à implémenter une nouvelle manière d'enseigner à l'université.

D'autres étudiants en Communauté française se mobilisent également sur l'enjeu de la qualité et des finalités de l'enseignement. Ainsi, le collectif des "Écureuils volants" s'oppose à la marchandisation de l'enseignement et défend l’indépendance des universités par rapport au monde des entreprises. Il a émis une pétition qui plaide notamment pour que "Nos études nous permettent de réfléchir à notre société pour lui donner un avenir plus accueillant et pouvoir offrir aux générations futures une vie respectable".

Bref, de tous les milieux universitaires de la Communauté, des voix s'élèvent pour promouvoir une autre vision de l'enseignement. Espérons que les autorités, à tous niveaux confondus, puissent entendre ces voix et les faire résonner pour donner un nouveau souffle à l'enseignement supérieur.