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L'AGL est allée à la rencontre des Présidents des Jurys, pour tenter de démystifier un peu le fonctionnement de ceux-ci et casser quelques idées reçues...
« Un jury comprend notamment l'ensemble des enseignants qui, au sein de l'institution, sont responsables d'un enseignement obligatoire au programme de l'année ou du cycle d'études et ne délibère valablement que si plus de la moitié de ces enseignants sont présents. Les responsables des enseignements suivis au cours de l'année académique par au moins un étudiant régulièrement inscrit participent de droit à la délibération. » (article 68 §2 du Décret définissant l'enseignement supérieur, favorisant son intégration dans l'espace européen de l'enseignement supérieur et refinançant les universités)
1. Ce prof, il me déteste, c’est de sa faute si j’ai raté !
Impossible ! Le vote en jury d’examen se fait à la majorité. Pas de droit de veto sur ta réussite ! « S'il y a matière à vote, le jury statue à la majorité simple des voix. En cas de parité des voix, le résultat le plus favorable à l'étudiant est retenu. » (article 35 du règlement général des examens de l’UCL)
2. Le jury est là pour couper des têtes !
Plutôt pour les sauver ! Le jury est tenu de respecter la loi. Si tu as 12/20 de moyenne avec au moins 10/20 à chacun de tes examens, tu réussis d’office. Le jury ne peut aller en-deçà de la loi, mais par contre, il peut l’appliquer de manière plus souple en ta faveur, en fonction de sa jurisprudence, si tu ne réponds pas à ces deux critères.
3. Ils ont descendu mes notes en délibé !
Impossible ! Le Président et le Secrétaire de ton jury se sont assurés que toutes les notes ont bien été enregistrées avant la délibération et aucun enseignant n’est autorisé à modifier sa note en séance pour te porter préjudice. Elles sont d’ailleurs projetées sur grand écran lors de la délibération.
À noter : les professeurs peuvent demander à voir l’entièreté de ton parcours académique, lors de la délibération uniquement (et pas lorsqu’ils encodent la note de ton examen).
4. Avec un 5/20, c’est la note d’exclusion : je ne serai pas délibéré en juin !
« Lors d'une délibération, aucun examinateur n'a le droit de "dicter sa loi" au jury par la pratique des "notes d'exclusion". Mais ce principe ne signifie pas que l'échec caractérisé dans une seule matière ne puisse jamais entraîner l'ajournement de l'étudiant. Il signifie que l'appréciation de cet échec, quant au résultat global, relève nécessairement de la compétence du jury dans son ensemble. » (Article 30 du règlement général des examens de l’UCL)
5. J’ai réussi au moins 48 crédits sur mon année. J’ai donc droit à une épreuve modifiée.
(Épreuve modifiée = les cours non réussis sont reportés l’année suivante ; dans ce cas, le solde des crédits doit être intégralement obtenu au cours de cette année-là.)
Le jury n’a aucune obligation d’accorder l’épreuve modifiée. Dans certaines facultés, elle n’est d’ailleurs pas d’usage. L’épreuve modifiée n’est pas autorisée en dernière année de master, et dans certaines facultés, elle ne l’est pas non plus en dernière année de baccalauréat.
6. Ils ne m’ont pas donné de distinction alors que j’ai 13,7 de moyenne !
Les pratiques peuvent être un peu différentes d’un jury à l’autre. Par exemple, certains jurys donnent la distinction à 14/20 de moyenne, d’autres le font également à la condition qu’aucune cote ne soit en-dessous de 10, d’autres encore l’accordent à 13,5/20 s’il n’y a aucun échec.
À noter : Le jury de ton programme applique le règlement des examens de la façon la plus constante possible en tenant compte de la jurisprudence qui lui est propre, c’est-à-dire en prenant en considération ses décisions sur des cas similaires qui se sont produits dans le passé.
7. Je suis dans la même situation que mon cokotteur, qui fait d’autres études, mais la décision des jurys n’est pas la même !
Ton parcours est-il le même ? As-tu le même nombre d’examens réussis ? Avec la même moyenne ? Les situations sont rarement identiques, surtout si tu ne suis pas les mêmes cours que ton cokotteur.
8. Je suis dans la même situation qu’un étudiant de mon auditoire : c’est le même jury, mais la décision n’est pas la même !
Le jury est souverain : il prend en compte des éléments dont tu n’as pas forcément connaissance, surtout pour les cas limites. Deux cas a priori similaires peuvent être traités de manière différente.
Exemples :
- Vous avez tous les deux 77% de moyenne et pas le même grade : le nombre de cotes au dessus de 16/20 est plus important pour l’un, celui-ci peut donc avoir la grande distinction et l’autre la distinction.
- Vous avez raté un gros cours chacun, mais l’un est un prérequis pour passer à l’année supérieure, et pas l’autre.
- Tu as décidé de ne pas représenter un 8/20 alors que tu as eu la possibilité de le faire en juin et/ou en septembre ; ton cokotteur, lui, a fait l’effort de le repasser (sans plus de succès). Le jury peut considérer que cette différence peut justifier une décision différente.
9. J’ai échoué parce qu’il y a un quota caché.
Il n’y a aucun quota pour passer d’une année à l’autre, quels que soient la faculté ou le programme ! Ton labo de 2ème bac dispose de 52 places ? Il n’y aura pas 52 réussites au maximum pour autant !
10. J’ai échoué parce que j’ai raté le plus gros cours.
Si ce cours est un prérequis pour passer à l’année suivante, cela pourrait être le cas. Pour le reste, tu ne rates pas d’office ton année parce que tu as raté le plus gros cours.
En conclusion...
Certaines universités appliquent un système purement automatique pour les délibérations. Même si au premier abord, cela peut te paraître le système le plus égalitaire, il déshumanise fortement les décisions : l’ordinateur ne tient compte ni de problèmes extérieurs, ni de ton parcours personnel. Ce système n’est pas utilisé à l’UCL, c’est la raison pour laquelle tu peux toujours faire savoir au jury (en contactant le président ou le secrétaire) et avant la délibération, une circonstance particulière qui, à tes yeux, éclairerait le jury dans sa décision. Cela ne pourra jamais jouer en ta défaveur.
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